Récit d’une errance urbaine | le Jardin des Géants

 

 

29 septembre 2009, il est presque 19h.

Errer sans but, se laisser porter par la ville.  La démarche est simple, incertaine. Et au détour d’une rue,  elle peut devenir  le lieu de rencontres  poétiques.

 

 

Quelle agréable satisfaction pourtant de raconter un lieu particulier, un lieu à part, un lieu qui a trouvé son intérêt par le regard que nous lui avons librement adressé, sans jugement préalable. Il ne s’agit pas forcément du lieu totalement insolite ou décalé mais simplement d’un morceau de paysage urbain qui n’est pas sous les projecteurs et que l’on apprécie à sa juste valeur. Relégué en périphérie,  difficilement accessible ou parfois même trop évidemment présent pour que l’on s’en soucie il contient une certaine poésie de par son humilité face à l’agitation urbaine.

 

Ma rencontre avec le Jardin des Géants est l’un de ces moments d’insouciance dans lesquels on trouve à sa portée un ailleurs. A deux pas d’EuraLille le jardin se confie au piéton curieux et égaré ayant franchi la frontière du Boulevard Louis Pasteur. L’endroit semble en plein  développement mais il ne présente, à l’époque du moins, pas de signe d’attrait particulier pour le visiteur. C’est au hasard d’une rue que j’aperçois alors une invitation au voyage. Simple et sans prétention, l’entrée du parc nous dépouille  pourtant progressivement  de la réalité, jusqu’à nous faire perdre tout repère spatial et temporel.  Le jardin convoque notre imaginaire dans un premier temps, le doute s’installe, on s’interroge sur le dénouement final…

 

C’est alors qu’il nous expose avec subtilité son univers, une poésie végétale qui nous plonge dans un rêve. Cet espace onirique qui ne dévoile que ce qu’il veut sous son voile de brume nous transpose alors  à l’imaginaire rappelant le pays de Brobdingnag, la terre des géants  du roman de Jonathan Swift : les voyages de Gulliver.  La promenade s’achève alors sur une composition plus réglée nous ramenant à la réalité en dégageant un horizon  sur les édifices alentours.  Sous un savant jeu de contraste, une trame unifie tout en les distinguant des poches végétales à la texture diffuse et les confronte à des étendues d’eau parfaitement plates si bien qu’elles renvoient l’image glacée d’une végétation pourtant si poétique…


…Bienvenue dans mon errance urbaine, bienvenue au Jardin de Géants.


jardin 10


Posté le Vendredi 9 déc 2011 à 9 h 00 min par Benjamin Martin

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